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Vincent
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MessagePosté le: Mar 28 Juin - 21:59 (2011)    Sujet du message: Jour 3 Répondre en citant

Je me réveille lentement... J’ai un peu mal au ventre… C’est sûrement parce que j’ai manger le rôti qui était un peu trop cuit… En restant à côté de Vincent, j’ai complètement oublié ce pauvre morceau de viande qui était en train de brûler. Mon père se moquait de moi à chaque fois qu’il en manger une bouchée et qu’il la faisait croustiller exprès sous ses dents… Avant de m’endormir, je me suis longtemps demandé ce qui avait pu mettre mon voisin dans cet état. Son père sûrement mais… Ce truc grave, dont il ne veut pas parler, qu’est-ce que c’est ? Je me fais milles idées et tout autant de scénarios farfelus, mais en y réfléchissant bien, rien de ce qui sort de mon esprit torturé ne semble plausible… J’insisterai auprès de mon père pour qu’il devienne copain avec celui de Vincent. Peut être que ça le calmera, le prof de math, et qu’il laissera son fils tranquille. En plus, aujourd’hui, il va recorriger les copies, j’espère que tout va s’arranger. Je me lève doucement et met mes vêtements de la veille, préalablement jetés sur le sol, dans la machine à laver. Je lance un cycle puis je vais vers la salle de bain. Enfin, du savon ! Je vais pouvoir prendre une vraie douche et personne ne pourra dire que je sens pas bon. Peut être même que Sylvia… Non, arrêtons de penser aux filles, je dois me consacrer aux études pour rattraper mon retard. Surtout que depuis, je n’ai pas pu travailler autant que je l’aurai voulu. Voire, pas du tout… je suis sous la douche, la bosse a enfin disparue. Et ça, avant que mon père ne s’en aperçoive et que je doive lui expliquer comment je suis tombé, et donc lui donner une nouvelle occasion de se ficher de moi. D’ailleurs on commence avec les sciences, et si ce prof continue de m’appeler « l’escargot blond », ça ne va pas me motiver à travailler sa matière. N’y pensons pas… je continue de me frotter. C’est bizarre, des petits boutons sont apparus sur mon torse et mes épaules pendant la nuit… Génial, il manquait plus que ça. Je sors et m’assure devant le miroir que le visage a moins souffert. Ouf ! Rien de grave, si ce n’est les imperfections habituelles… En y pensant bien, Vincent n’a pas un bouton. Pourtant, il a mon âge, alors il devrait en avoir. Il en a de la chance. En plus, il a des yeux verts, alors que les miens sont noirs… Décidément, la nature est parfois pas très équitable en ce qui concerne le partage… Je suis même prêt à parier qu’il cicatrise vite, qu’il a un bon système immunitaire, qu’il se rase et qu’il n’a jamais eu à se plaindre de la taille de son sexe… D’ailleurs, on a sport aujourd’hui, alors je vais voler un caleçon dans le placard de mon père, il ne m’en voudra pas. Hors de question que Vincent me sauve encore une fois la mise… Je me sèche les cheveux en passant la tête par la fenêtre et je me brosse les dents. Merde, un peu de dentifrice vient de couler sur mon caleçon. Zut ! Bon, c’est pas grave, je vais pas le changer maintenant, j’aurai encore plus mauvaise conscience de prendre les affaires de mon père. Je mets mon pull Rammstein et mon survêtement, puis je sors avec mon sac, que j’ai préparé hier. Vincent, vient de sortir, on est synchronisés. Il me dit bonjour et me serre la main. On monte dans la voiture et il démarre. Le trajet se fait silencieux, mais à un moment, à un feu rouge, il se tourne vers moi et me demande de ne parler de notre entrevue d’hier à personne. Je lui dis qu’il n’a pas à s’inquiéter, alors, il sourit. Le reste du chemin est encore plus silencieux, pas comme s’il y avait un malaise entre nous, non… Mais juste comme si on avait pas besoin d’en dire plus pour se comprendre.

* * *


Le réveil est difficile et la nuit a été courte. La douleur dans mon dos m'a empêchée de dormir paisiblement... Ca va un peu mieux se matin. Ca tombe mal j'ai entraînement de foot ce soir... Tant pis j'aurais mal, ce n'est pas le moment de jouer les chochottes notre équipe va bientôt commencer le championnat semi-régional. Ce qui, pour une équipe de lycée est pas si mal. Je sors du lit tout doucement et pars directement dans la salle de bain. Pas de pompes ce matin... Je reste devant le miroir un moment contemplant mon visage. Je suis soulagé pas de marques. Je n'ai rien de visible dans le dos non plus. Ouf ! Pas de traces visibles, pas de questions, pas de prises de têtes. Mais bon il reste Karl... J'espère qu'il ne va pas trop l'ouvrir ou me poser des questions. Je sors de ma chambre embrasse maman et pars en évitant Marc. Ce sale con, je suis certain qu'il n'a pas même un remord pour m'avoir frappé. Il doit être fier de lui ! Peu importe... En route pour le lycée. Et oui Karl est silencieux ! Ca fait du bien ! Mais il faut quand même que je m'assure qu'il aille pas bavasser par ci par là. Je lui ordonne de ne pas parler de ma crise de nerfs d'hier. Il me le promet. Et je lui fais entièrement confiance. C'est d'ailleurs étrange d'accorder sa confiance à une personne comme Karl que je connais depuis trois jours ! Disons que généralement je suis un bon profiler et ce type quand il fait une promesse je suis persuadé qu'il la tient. Ce qui est très pratique, il suffit de lui faire promettre quelque chose et il se sentira obliger de le faire. Ce qui peut être vraiment génial ! A l'idée de ce que je vais pouvoir faire de la faiblesse de Karl un sourire illumine mon visage. Si tout le monde était comme lui ce serait tellement plus simple !

* * *


Arrivé au lycée, je cherche Sylvia du regard. Introuvable. Elle est déjà installée à côté de Natacha et derrière Jenny et Thomas. Il est temps pour moi de pourrir Marc-Antoine. Pour ça j'ai besoin d'en bavard qui sera Mamagoudou, d'un gay rancunier prêt à tout pour faire valoir sa cause donc Tristan, et d'un qui aime endiguer les foules pour des défis stupide, lui ce sera Loïc et enfin d'une "journaliste" qui aime les scandales, qui d'autre que Célia pour ça ! Je m'installe donc à une place stratégique devant Tristan et Marie-Angèle puis demande à Mamagoudou de s'installer à côté de moi. Je m'arrange pour parler juste assez fort pour que le

- Ce soir l'entraîneur va nous passer le programme des maths ! Trop bien ! Mamagoudou est complètement excité
- Ouais ! Dommage que y'est Marc-Antoine Je rentre dans le vif du sujet avant que Tristan n'écoute plus notre conversation
- Il est con mais bon faut arrêté de faire une fixette sur lui. Surtout que c'est pas bon les discordes dans l'équipes.
- Toute façon il est plus souvent sur la touche que sur le terrain. Et puis non seulement il est prétentieux mais en plus j'ai un doute sur sa vision des choses...
- De quoi tu parles ? Allé ! Accouches ! Mamagoudou à les yeux qui pétillent, il me fait vraiment marrer ce con !
- T'excite pas mon tit Mamagoudou on a deux heures de sciences devant nous pour papoter !
- Bah ouais ben justement c'est trop court j'ai trop de chose à te raconter ! Je t'ai pas encore raconter la teuf chez mon pote Francis ! C'était du délire !!! Donc racontes !!
- Ben disons qu'hier il téléphonait après que je lui ai foutu un petit coup dans le visage alors j'ai écouté pour l'entendre chialer. Mais en fait pas du tout, il disait qu'il n'avais pas envie d'aller chez un de ses cousins parce qu'il était gay. Et que rien que de serrer la main à un homo ça le dégoûtait parce qu'il faut mieux ne pas savoir où il l'ont mis la main.
- Disons qu'avec un père qui tient des propos limites racistes quand il est interviewé ça ne m'étonne qu'à moitié que ça donne un gars comme Marc-Antoine. En fait ce gars, c'est vraiment un sale con !
- Tu vois ! Quand je dis que tous les deux on est sur la même longueur d'ondes.

Je pense que Tristan c'est délecté de notre conversation. J'aimerais me retourné voir sa réaction mais j'ai peur que ce soit trop flagrant. On verra bien si ça marche, sinon je devrais trouvé un autre stratège. Y'a quelques rires dans la classe. Je suis tellement à fond dans mon plan que je n'ai pas écouté un sombre mot du court. Je suppose que c'est le prof qui à trouvé un surnom sympa ou sinon ça vient de Karl. Je regarde dans ça direction il me fait coucou... Bon je crois que cette fois-ci ce n'est pas lui le boulet. J'attend l'interclasse avec impatience. Sylvia ne pourra pas m'éviter longtemps... Quand ça sonne tout le monde se rue à la porte pour les deux trois minutes de pauses. A peine dans le couloir que Thomas bécote Jenny. Natacha et Sylvia sont un peu plus loin et discute. Même si je n'ai jamais compris comment on pouvait discuter avec Natacha...

- Natacha ? Jenny à garder un peu de salive pour te parler.
- De quoi ?
- Jenny veux te dire quelque chose
- Aaaah ! La greluche s'en va limite en courant rejoindre Jenny

Sylvia pousse un profond soupir en voyant sa copine si stupide s'en aller.

- On s'éloigne un peu ? Elle me regarde sans rien dire et on se dirige un peu plus loin dans un angle Pourquoi tu m'évites ? J'espère que ce n'est pas à cause de ce qui c'est passé hier dans la voiture. Tu as peut être voulu aller trop vite. Du coup ça me fait me sentir un peu con, comme si j'avais profité de toi...
- C'est pas ça non... Elle baisse les yeux
- A cause de Jenny ? Tu ne veux pas te fâcher avec elle ?
- Non plus... Enfin si un petit peu. Je ne sais pas trop comment te dire ça sans te vexer.
- Lances-toi. T'inquiètes pas je ne me vexerais pas !
- C'est que je ne te fais pas confiance. Je sais quel genre de gars tu es avec les filles. Du genre à les faire cocus puis à les jeter comme des moins que rien. Je ne veux pas vivre ça.
- Je ne t'ai pas obligé, et bon ça te semblera peut être une phrase toute faite mais avec toi ce serait différent. Tu es le genre de fille qu'on ne peut que respecter.
- Elle me sourit Tu ne m'as pas forcé non. Je suis très attirée par toi physiquement et j'avoue que ça me fait un peu peur.

La phrase que j'attendais ! Je me rapproche d'elle délicatement et pose ma main sur le haut de sa hanche. Je lui susurre à l'oreille que mon attirance pour elle est bien au delà de son physique, ce que toute les filles souhaitent entendre. Je la sens frémir. Je retire ma main, et en relevant ma tête, j'approche mes lèvres près des siennes, si près qu'elles se frôlent presque. Je m'en vais elle reste une minute ou deux seule puis rejoins la classe. L'ambiance à l'air plutôt tendu, est ce que Tristan a déjà fait passer Marc-Antoine pour un homophobe auprès de tous les autres de la classe ? Mamagoudou me racontera ça en détails.

* * *


On arrive au lycée. Je descends de la voiture et m’éloigne de Vincent, je ne veux pas trop attirer l’attention sur nous, alors, je vais le laisser comme à son habitude, en mode solitaire. On arrive pile à l’heure. Toutes les places sont presque prises. Alors je me mets à côté de Cindy, qui a l’air plutôt fatiguée :
- Bonjour.
- Ah, salut Karl…
- T’as l’air fatigué…
- Ouais, hier j’ai passé ma soirée à me disputer avec mon fiancé, ce n’était vraiment pas cool.
- Je suis désolé de l’entendre… J’espère que c’est rien de grave.
- Non… C’est juste un truc stupide. Il croit que je le trompe, mais moi je l’aime et je ne ferai jamais ça.
- Le tromper ? Mais avec qui ?
- Il a peur de Loïc.
- Loïc ? Qu’est-ce que ça a avoir avec lui.
- Et bien, on vient au lycée ensemble, et il m’a déjà demandée de sortir avec lui, mais j’ai dit non, bien sûr, puisque j’étais déjà avec mon copain.
- Ah, d’accord.
Le prof entre, il fait l’appel, tout le monde est là. Loïc est assis juste derrière nous, à côté d’Olivier. Je n’avais jamais remarqué qu’il aimait bien Cindy. Mais pour le coup, ça tombe plutôt mal, puisqu’elle a déjà quelqu’un. Il me regarde et remarque que je le dévisage. Il a l’air surpris, alors il me demande ce que je regarde. Un peu gêné, je me retourne vers le tableau. Il appelle Cindy, elle l’ignore, mais comme il insiste, elle se retourne :
- J’essaie de suivre le cours, qu’est-ce que tu veux ?
- Je suis désolé pour ton mec, enfin, pour votre dispute… Il a l’air sincère.
- C’est pas ta faute… Il est parano. Mince, elle défend pas son copain… Ce qui veut dire, qu’il va tenter une approche pour la monter contre lui !
- Moi aussi je serai jaloux à sa place… Si tu préfère, on a qu’à venir au lycée séparément… Quoi ???? Il défend son rival ???
- Cindy regarde son cahier. Non, c’est bon, il va se faire une raison. Elle se retourne vers l’avant de la classe.
Je regarde Loïc, il a l’air super content, même qu’Olivier se paye sa tête et éclate de rire. Le prof se retourne alors vers Olivier : « Hey, Bruce Lee, je sais que ton voisin a une tête marrante, mais c’est pas une raison pour pourrir mon cours ! ». La classe éclate de rire, Loïc ne sait plus où se mettre. Cindy ne rit pas… Vincent me regarde, je lui fais coucou, il a l’air d’aller mieux. Pendant le reste du cour, Cindy n’arrête pas d’interrompre le prof pour lui poser des questions. On dirait bien qu’elle n’a pas apprécier le commentaire du prof contre Loïc et qu’elle veut le venger. C’est cool. Si elle n’avait pas de fiancé, je pense qu’elle serait amoureuse de lui. La sonnerie retentit, et le prof, complètement dépassé par les interrogations inhabituelles de Cindy, se laisse étaler sur sa chaise. Je sors de la classe pour l’inter classe. Je sors dans les derniers. Dans le couloir, il y a un attroupement, je me faufile pour savoir ce qui se passe :
- Alors comme ça ton connard de père et toi, vous vous pensez supérieurs aux gays ? C’est Tristan qui hurle.
- De quoi tu me parles toi là ! Retourne avec tes poupées vaudous et me casse pas les couilles. C’est avec Marc-Antoine, qu’il est en train de s’engrainer.
- C’est à cause des cons comme vous, qu’il y a encore des préjugés à notre époque !
- Mais j’en ai rien à foutre, tu fais ce que tu veux de ton cul, je vois même pas pourquoi on parle de ça.
- Ah ouais. Tristan pousse Marc-Antoine, qui n’ose même pas se défendre. Alors comme ça, parce qu’on est gay on est sale ? Mais je te rassure, pourri comme tu es, je pourrais avoir sucé toutes les queues du lycée, je serai toujours plus propre que toi.
- Mais vas-y, j’en ai rien à foutre de ta vie !
- T’es qu’un con Marc-Antoine ! T’es rien de plus que l’ombre de ton père ! Qui lui-même n’est rien d’autre qu’un vieux con…
- Tristan ! Calme-toi. Marie-Angèle tente de s’interposer, mais Thomas la prends par le bras et la tire vers lui.
- Que ton père sois homophobe c’est une chose ! Mais tu devrais lui dire d’arrêter de te monter la tête, juste parce qu’il profite du fait que t’ai aucune personnalité ! Tout le monde retient son souffle.
- Tu sais pas de quoi tu parles !
- Ah ouais, alors fait moi taire. Tristan tends la joue à son rival qui reste pétrifié. Tout ce que tu sais faire c’est ouvrir ta gueule Marc-Antoine, et tu commence sérieusement à me les briser. Le gothique commence à pleurer. T’es qu’un connard d’homophobe !
Tout le monde s’attroupe autour de Tristan pour lui remonter le moral. Marc-Antoine regarde les gens s’agglutiner autour de son assaillant. Il part en courant et traverse le couloir sans s’arrêter. Mais qu’est-ce qu’il vient de se passer… Est-ce qu’il y a des journées sans scandale dans ce bahut. Jenny est morte de rire, apparemment, elle est du côté de Tristan… Comme tout le reste du lycée. Moi, je suis contre l’homophobie aussi, mais ce n’était peut être pas nécessaire de balancer ça devant tout le lycée. Pour le coup, je me sens un peu mal pour Marc-Antoine…

* * *


Pour la seconde heure de physique Mamagoudou me raconte tout ce qui c'est passé pendant l'interclasse. Bien sûr il lui faut presque une heure pour me raconter ça. C'est génial je ne pensais pas que ce serait si simple ! Bientôt Marc-Antoine sera prêt à tout pour ne plus avoir une réputation d'homophobe !

Sylvia ne m'a pas adressé un seul regard. Rah les gonzesses que c'est compliqué ! Je lui plais, elle me plait alors où est le problème ? Elle est en train de se faire peur toute seule et de s'imaginer que je vais la faire souffrir. Je ne me donne jamais autant de mal pour me taper une fille d'habitude. Je crois que je ne pourrais même pas la tromper elle. Enfin, elle se décidera bien un moment ou un autre qu'elle ne peut pas résister à mon charme.

Dix minutes avant la sonnerie le prof de science nous demande de faire des groupes de deux pour le prochain cour et on tirera au sort un sujet sur lequel on devra travaillé et lui rendre plus tard un dossier complet et détaillé du thème. Avec qui je vais bien pouvoir me mettre... Ce n'est pas la peine de penser à Sylvia elle ne voudra pas.

* * *


La deuxième heure de sciences passe lentement. Cindy ne bronche pas d’un pouce et écoute le cour. D’autres discutent, de tout et de rien. Mais, j’essais tant bien que mal de suivre, mais ce n’est pas évident, étant donné que le prof me vanne à chaque fois que mon regard croise le sien. A la fin du cour, il nous annonce qu’on va devoir faire un devoir à deux à préparer à la maison. Cool, ce sera l’occasion pour moi d’en apprendre plus sur une personne. Je vais demander à Sylvia de le faire avec moi. J’espère qu’elle acceptera. Cindy se retourne et demande à Loïc d’être son partenaire, il accepte évidemment. J’attends la fin du cours pour aller voir Sylvia. Elle est avec Jenny et Natacha :
Moi : Bonjour les filles.
Jenny : Oh, non, pas lui…
Sylvia : Salut, ça va ?
Moi : Oui, je me demandais avec qui tu allais faire le devoir…
Jenny : Une minute ! T’es pas en train de lui demander de le faire avec toi au moins ?
Natacha : Ouais !
Moi : Ben…
Sylvia : Désolé mais j’ai déjà prévu de le faire avec quelqu’un d’autre.
Jenny : Ah ?
Sylvia : Vincent est venu me demander et j’ai dit oui. Je sais qu’il est pas trop mauvais en sciences, et j’ai besoin d’une bonne note. Je sais que c’est pas vrai, puisque Vincent ne l’as pas approchée…
Jenny : T’as qu’à te mettre avec Natacha, moi, je vais me mettre avec Thomas.
Natacha : Non ! Je veux pas être avec ce moche.
Moi : Laissez tomber, je vais demander à quelqu’un d’autre…
Sylvia : Désolée…

Je lui souris et reviens vers ma place où mes affaires sont encore déballées. Je les range. Je regarde au premier rang, le prof et Marc-Antoine sont en train de discuter. Je prends mon sac et m’apprête à sortir de la pièce. Mais le professeurs me siffle, alors je me retourne :

- Oui ?
- Dis Karl, tu voudrai bien te mettre avec Marc-Antoine, pour ce devoir ?
- Non !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Marc-Antoine, ne me regarde même pas, il est toujours tourner vers le prof. Bien sûr. Il se retourne vers moi, étonné.
- Ok. Vous pouvez y aller. Je sors de la salle. Je n’ai pas vraiment envie de travailler avec lui. Mais bon… Etre seul, ça aurait été pire. Marc-Antoine sort à son tour de la pièce et me prends par l’épaule.
- Heu… On reste, cette après-midi au lycée pour commencer ?
- Euh… Je dois faire le repas à midi, puis, t’as aps entraînement… ?
- Ah si…
- Mais si tu veux, tu n’as qu’à venir chez moi après… Un peu de sympathie ne tue pas…
- D’accord. Il s’éloigne, une fille le bouscule, d’autres éclatent de rire.

Aïe, dans quoi je viens de m’embarquez. Vincent va m’étripez et la classe va me détester… Décidément… C’est pas ma semaine…

* * *


Je préfère passer la récré, seul. Je profite du fait que tout le monde se désintéresse de moi pour rester un peu au calme. Je vois Denise et vais vers elle :
- Salut.
- Oh, Karl ? Ca vas mieux que la dernière fois j’espère ?
- Oui, je crois que maintenant, je suis assez fort pour endurer leurs méchancetés.
- Tant mieux, mon fils. Mais, surtout, n’oublie pas une chose. Toi, tu ne dois pas être méchant avec eux… Jamais.
- Oui. Je repense à la petite séance humiliation en espagnol.
- Bon, j’y vais. Travaille bien.
- Toi aussi.

Elle part en poussant son chariot. C’est dingue, cette femme aurait du être un sage ! Elle vient de me conseiller clairement de venir en aide à Marc-Antoine. C’est une pourriture, mais si je le repoussais, j’en serai une aussi, et ce n’est pas le cas.

* * *


C'est l'heure d'aller en math. C’est le seul cour, où Vincent est toujours à l’heure. On rentre à classe. Je vais m’assoir seul au fond de la classe. A peine assis, le prof, se met à hurler sur Vincent, qui selon lui, a fait trop de bruit en déplaçant sa chaise. Puis pour enchaîner, il prendre son porte-vue et s’adresse à la classe :

- Bien. Je vais passez récupérer vos contrôles de la dernière fois. Apparemment, il y a eu quelques erreurs de corrections. Tout le monde grogne.
- Mais monsieur. Intervient Loïc. Je l’ai pas gardé.
- Devoir non rendu, c’est zéro. D’autres questions ? Blanc. Oups, qu’est-ce qui est en train de se passer. Karl, puisque c’est ton idée, merci de passer dans les rangs ramasser les copies. Tout le monde se tourne vers moi, je deviens livide. Merde ! Ca ne devais aps se passer comme ça… Pitié ! Ignorez-moi. Karl ! Allez. Je me lève. Et commence à ramasser. Jenny me donne un coup de pied dans la cheville pour se venger, plusieurs personnes me menacent. Merci Karl.
- De… De rien.
- Bon, je vais refaire la correction. Faîtes les exercices des pages 60 à 65.
- En une heure ? S’écrit Célia.
- Oui.

Il met ses lunettes et s’assoit. Moi, je regagne ma place. J’ai trop la tête en vrac pour pouvoir me concentrer normalement. J’ai l’impression que tout le monde va me tuer. Après une demi-heure, le prof rend les copies :

- Trois points de moins ? S’écris Maxime.
- Moi aussi.
- Moi aussi.
- Moi, pareil.
- Monsieur. Demande Tristan en levant la main. Elles ont toutes baissées de trois points !
- Non. Pas celle de Vincent.
- Monsieur, vous êtes sûr que je ne mérite qu’un treize ? Demande Marc-Antoine.
- Oui, certain. Vous pouvez y aller.

Je range mes affaires lentement. Je croyais qu’il détestait Vincent… Alors pourquoi ne pas lui baissez sa note à lui aussi… Pour le coup, ma note est devenue misérable… Je n’ai pas envie de sortir de la classe. J’ai peur de ce qui m’attend à l’extérieur. Le prof me sourit et me dis au revoir. Puis avant que je partes, il m’interpelle à nouveau : « Au oui ! Karl. Tu as fait tomber une cuillère, la dernière fois que tu es entré chez moi en sautant le muret. Je te l’ai ramenée. » Il me la tend. J’hésite, c’est bien la mienne. Je le remercie en baissant la tête. Puis je sors de la classe. Quoi ? Il n’y a personne ! Personne pour me massacrer. Ouais !!!! J’éclate de rire comme un con et là, Franck arrive par derrière et me pousse sur le sol. Je tombe lourdement. Simon est aussi là, et le regarde faire. Puis, là, il me donne un coup de pied dans le ventre. Ensuite, ils s’en vont. Je n’arrive plus à respirer. Je n’arrive pas à me relever. Alors, je reste sur le sol. Jusqu’à ce qu’une fille passe dans le couloir et m’aperçoive. Elle court chercher l’infirmière. Elles reviennent toutes les deux et se mettent autour de moi :
- Karl, qu’est-ce qui s’est passé ? Me demande, l’infirmière, je ne lui réponds pas.
- Il était par terre quand je suis arrivée. J’ai cru qu’il était mort !
- Karl, ne reste pas recroquevillé. Allonge-toi sur le dos. Je me déplie lentement, ça fais mal. Voilà. Elle me demande de pousser mes mains de mon ventre et soulève mon T-shirt. Elle fait une grimace. Qui t’as frappé ? Acacia, tu as vu quelqu’un ?
- Non ! J’allais à la photocopieuse de la salle des profs et je l’ai trouvé là.
- Je me relève finalement. C’est bon, je suis juste tombé.
- Tu es sûr ?
- Oui… Je commence à m’éloigner.
- Acacia.
- Oui ?
- Tu veux bien le raccompagner à la sortie ?
- Ok.

Sans que je m’en aperçoive, elle s’approche de moi et me prends mon sac à dos. Soudain, je grimace, alors, elle m’assoit sur un banc dans la cour :

- Non, je veux pas qu’on me voit.
- Ne t’inquiètes pas, on est mercredi… A midi, y a personne. Elle s’assoit à côté de moi. Tu n’es pas tombé hein ?
- Si.
- Menteur. Je la regarde. Elle est blonde, les cheveux longs et frisés soutenus par un bandana vert. Elle a le visage remplit de tâches de rousseur. Elle voit que je la regarde et éclate de rire. Je m’appelle Acacia. ET toi c’est Karl ? C’est un peu laid comme prénom… Ce fait un peu viking, mais t’as plus l’air d’un vendeur de télé. Elle rigole.
- Et toi, pourquoi t’es encore là ?
- J’ai été collée.
- Pourquoi. T’as eu une mauvaise note ?
- Non. J’ai libérer les grenouilles de la salle de sciences et je suis montée sur le toit pour poser des banderoles…
- Ah bon ? C’est bizarre.
- Pas autant qu’un gars qui s’appelle Karl. Elle rigole encore. Pourquoi tu ne veux pas dire qui t’as fait mal ? Il t’a menacé ?
- Je suis tombé je te dis.
- Men…………………………..Teur ! Elle se lève. Je dois y retourner, alors arrange toi pour pas crever, Karl, le vendeur de télé. A plus. Elle se lève, elle est un peu plus grande que moi, mince, et porte une robe verte à fleur. Elle est vraiment bizarre.

Je me lève et quitte le lycée, j’ai mal, mais ça devrait aller. Je rentre chez moi à pied. Dès que j’arrive, je me déshabille et regarde mon ventre. J’ai un bleu super moche. Merde ! Quels connards ces deux là ! Sans m’en rendre compte, je pleure de rage.

* * *


A la récré Sylvia préfère encore m'éviter. Elle ne jouera pas longtemps aux saintes ni-touches alors je ne m'en soucis pas. Elle finira quand même dans mes bras. Marie-Angèle est à l'infirmerie. Tristan à l'air de s'inquiéter. Apparemment elle était tellement faible qu'elle n'arrivait pas même à descendre les escaliers. Avec Alphonse, Mamagoudou, Loïc et Thomas on décide de lui remonter le moral.

Tristan : C'est le bouquet ! Après ce connard d'homophobe de Marc-Antoine, ma meilleure amie est dans un sale état.
Mamagoudou : Tu sais ce qu'elle a ?
Tristan : Ouais, c'est bien ça le problème.
Alpphonse : C'est pas très grave non ?
Tristan : Ca pourrait être pire. Désolé, mais je n'en dirais pas plus par respect pour elle. Ce n'est pas à moi de parler de ses problèmes.
Moi : Tu as raison, elle n'a peut être pas envie de voir s'étaler sa vie privé alors qu'elle n'est pas là.
Loïc : Et puis avec un bavard comme Mamagoudou t'es sûr que dans quelques minutes tout le lycée est au courant.
Thomas : Tu veux peut être faire un tour à l'infirmerie ?
Tristan : Non pas la peine, elle se repose, j'irais la voir après manger.
Moi : Si tu veux que je t'accompagne
Tristan : Pas besoin, merci.

* * *


Étonnant on va avoir cour de math et je ne suis même pas de mauvaise humeur ! C'est sûrement parce que d'ici quelques jours Marc-Antoine ne sera plus qu'un moins que rien ! J'arrive tout de même à l'heure, pas besoin de laisser une ouverture à mon père pour me tomber dessus. Putain les chaises dans cette salle sont trop inconfortable. Mon mal de dos se réveille. Alors je bouge ma chaise deux ou trois fois avant de trouver une position un peu moins indolore. Et voilà une raison pour me faire engueuler ! Décidément Marc n'en manque jamais une. Je ne bronche pas malgré les insultes qu'il me profère et attend sagement que le cour se termine. Mais bien sûr Karl n'avait pas fait son boulet depuis au moins deux heures... Ce con ! Il a demandé à Marc de revoir les notes de tout le monde. Évidemment ce n'est pas le genre de Marc de faire dans la gentillesse. Il a baissé les notes de tout le monde sauf la mienne. Je crois qu'il ne pouvait pas me noté moins bien sans que ça soit de l'injustice totale. Et son rôle de prof lui tient à cœur. Ca doit être la seule chose qu'il aime. Comme quoi ce salaud est capable de ressentir quelque chose... Karl va se faire démonter ! Et bien désolé mon gars mais je n'ai pas que ça à faire. Je ne pourrais pas t'aider. C'est au delà de mon image de marque. Aider le lèche cul du cour qui à pourri les notes de tout le monde ça le fait pas. Je me tourne vers Simon et Frank ils ont l'air énervés. Déjà qu'ils préparaient un sale coup. C'est quand même bête, je l'aime bien ce type mais il y a un hic. Un loser restera toute sa vie un loser...

A peine sorti du cour, je m'en vais rapidement sans même jeter un regard en arrière en direction de mon "ami" Karl.

* * *


Je me dirige vers le réfectoire seul, Sylvia en profite pour m'accoster.

- Dis moi Vincent je peux faire l'exposé de science avec toi ?
- Si tu veux Elle aurait pu trouver une autre excuse pour venir me parler
- Est ce qu'on peut s'écarter à l'abri des regards indiscrets il faut que je te parle.
- Tu as honte de moi maintenant ?
- Elle baisse les yeux Tu vas comprendre.

On s'écarte du self où tous les autres élèves s'agglutinent pour manger. On traverse la cour arborée et on sort du lycée. Puis on s'installe dans une rue parallèle au lycée sur un vieux banc tagué.

- Je sens que tu vas prendre la grosse tête mais je me lance. Je n'ai jamais été autant attiré par quelqu'un que par toi. Je crois que je suis amoureuse de toi. Et j'ai beau luter ça ni changera rien.
- Pourquoi tu veux luter laisse toi un peu aller ! Je pose ma main sur sa cuisse
- Je t'ai déjà expliqué tout à l'heure.
- Ecoutes Sylvia, toi aussi tu me plais. Mais je n'ai pas envi de jouer au chat et à la souris encore longtemps. Donc il est temps de me dire ce que tu veux une bonne fois pour toute. Et s'il te plait ne tourne pas autour du pot et soit franche.
- J'ai envie d'être avec toi mais je ne veux pas que Jenny le sache, elle ne me le pardonnera pas. Donc en gros je veux qu'on soit ensemble mais qu'on se cache et que personne de la classe soit au courant.
- Tu sais que ce n'est pas mon genre. A vrai dire je trouve ça stupide. Elle baisse les yeux Mais disons que parce que ça vient de toi je vais dire que c'est excitant. Je l'embrasse langoureusement

On reste un court moment tous les deux à se bécoter puis on va manger. Une partie de la classe est déjà à table on s'installe avec eux. Tristan doit être encore à l'infirmerie. Marc-Antoine débarque et s'apprête à s'installer près de Mamagoudou.

Mamagoudou : Dégage sale homophobe ! Et puis si t'aimes pas les gays je veux même pas savoir ce que tu penses des noirs.
Marc-Antoine : J'ai rien fait ! Faut arrêté je sais pas pourquoi Tristan c'est excité comme ça tout à l'heure. Il y a du avoir un malentendu.
Loïc : Ouais c'est ça ! Et puis de toute façon même sans ça t'es un con !
Alphonse : Vous avez l'intention de vous prendre la tête pendant la pause repas ? Parce que perso ça me gonfle ! J'ai assez à me soucier de ma vie perso sans avoir à vous voir crêper le chinois.
Marc-Antoine : Et bien si c'est ça je vous laisse entre naïfs.
Loïc : Allez du vent l'homophobe !!!
Olivier : T'es lourd !
Loïc : Et si on lui trouvait un surnom !
Célia : Oh oui ! Ce me fera un petit scoop pour le journal !Il va bientôt sortir et j'ai rien à dire.
Alphonse : Vous avez que ça à foutre...
Mamagoudou : Ouais bonne idée ! Mais quoi ?
Loïc : Il faut quelque chose d'assez court et de méchant. Il se marre
Mamagoudou : Et pourquoi pas un nom d'animal ?
Loïc : Ouais je sais ! On a qu'à l'appeler Lepen ! Il y a plusieurs rires sur la table
Mamagoudou : Ouais ça me va ! Il est aussi con, raciste et homophobe que Marc-Antoine.

Sensationnel ! Le journal sort vendredi, donc ce sera le même jour où la vie parfaite et tranquille de Marc-Antoine se transformera en un enfer !


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MessagePosté le: Mar 28 Juin - 21:59 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Vincent
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Inscrit le: 31 Mai 2011
Messages: 82

MessagePosté le: Ven 2 Déc - 00:51 (2011)    Sujet du message: Jour 3 Répondre en citant

e me suis endormi sur le canapé. Le moindre mouvement relance ma douleur au ventre et m’oblige à me relever. Décidément, au moment où je pensais qu’enfin, je venais de me faire une place, voilà que je me fais détester par le reste de la classe et frappé par l’idiot du village… C’est bien ma veine franchement… Pour le coup, il est 15 h, et je n’ai toujours pas mangé. Je vais vers la cuisine. Sur le passage, je décide d’allumer le poste pour pouvoir écouter Deep Purple, mon groupe préféré. Je ne me sens pas mieux mais, la musique me sers au moins à me changer les idées. Je fais une salade verte puis des lasagnes tout-préparés, puis je vais m’assoir devant la télévision, je vais me mettre un Walt Disney... Pitoyable pour un ado, je sais. Mais je n’ai pas envie de faire quoi que ce soit pour… Tiens ? On sonne à ma porte. Je me lève, tant bien que mal et me dirige vers celle-ci. Et là, c’est la surprise. Jenny est devant ma porte, le visage cachée par d’immenses lunettes de soleil et la tête enturbanné dans un foulard bleu. Sans que je lui dise d’entrer, elle me bouscule et passe. Elle s’assoit sur le canapé et retire son camouflage. Je la regarde, intrigué :
- Heu… Je peux t’aider ?
- Je suis venue te voir, pour te parler d’un truc important.
- Mais… Comment t’as eu mon adresse…
- Le pion est trop pervers, trois caresses et il lâche même les dossiers confidentiels des élèves. Elle a fouillé mon dossier ??? C’est pas terrible ici…
- Qu’est-ce que tu veux ?
- Je suis venue te parler de Vincent… Vincent et Sylvia…
- Oui… Je m’assois sur l’autre canapé.
- Je sais que tu es dingue d’elle et de son côté bonne sœur salope, et tu sais que… Bon, voilà, Vincent est relativement mon genre.
- Oui…
- Tu dois m’aider !
- T’aider ? A quoi ?
- C’est évident non ! A se rythme là, ils seront ensemble dans pas longtemps, alors on doit empêcher ça !
- Non, s’ils ont envie de se mettre ensemble, ça ne nous concerne pas.
- Ah ? Pardon, je croyais que tu tenais à elle.
- Mais JE tiens à elle ! Et puis, tu as Thomas ! Pourquoi Vincent ? Tu peux pas un peux le laisser tranquille.
- Non ! Quand je veux quelqu’un, je l’ai ! Thomas, ce n’est que… Un gentil mec avec des abdos en primes. Ecoute… Si tu avais été beau gosse, ça aurait facilité la tâche mais… Tu dois te débrouiller pour séduire Sylvia. Parce que, que tu le veuille ou non, Vincent détruit tout ce qu’il touche. Et tôt ou tard, il la fera souffrir.
- …
- Tu sais que j’ai raison, alors dis moi que… La radio se rallume toute seule, ça arrive de temps en temps…
- Arf ! T’inquiètes pas, c’est juste la radio. Elle merde un peu.
- C’est Deep Purple ! Elle se lève et cours ramasser la jaquette ! Ouah ! C’est la version collector ! C’est pas possible ! Comment t’as fait pour l’avoir ?
- Mon père l’a commandé sur internet avant que ça sorte et ils me l’ont livré dès sa sortie. Mais, tu… Tu connais ce groupe ?
- Si je connais !!!! Je suis leur plus grande fan. Elle a les yeux incrustés dans le livret. Ouah ! T’as trop de chance.
- C’est dingue ! Je pensais pas qu’une fille comme toi puisse aimer Deep Purple.
- Une fille comme moi ??? Mais tu ne sais rien de moi.
- C’est non.
- Hum ?
- Pour mettre des bâtons dans les roues de Vincent, c’est non. Et je voudrai que tu les laisses tranquille toi aussi, s’il te plaît.
- Pffff, décidément… Tu vas pas tenir longtemps au bahut, avec une personnalité pareille… Mais au moins, t’aime la bonne musique. Bon, je vais rentrer chez moi.
- D’accord…
- Elle se lève. Tu sais Karl, t’es pas super mignon, mais je sais que Sylvia adore les gentils garçons. Je pense vraiment que t’aurais une chance si tu tenter une approche un peu plus… Fine.
- Non, Jenny. Si elle aime vraiment Vincent, alors, je suis heureux pour elle. Elle roule des yeux et remets son bandana et ses lunettes. Attends.
- Quoi ?
- Tiens. Je lui tends le Cd. Tu n’aura qu’à me le rendre la semaine prochaine.
- Ouah… Merci. Elle sourit, je crois ne l’avoir jamais souri aussi sincèrement. Tu sais… Je pense que… T’es quand même cool comme gars. Elle m’embrasse sur la joue et se dépêche de partir.

Hé bin… Si je m’attendais à sa visite…


* * * 



Je suis à nouveau réveillé par la sonnette de la maison. Encore! Mais qu'est-ce que ça peut bien être? Surement Vincent qui vient voir si tout va bien. Je me relève et vais vers la porte. Je l'ouvre et je reste stupéfait. Marc-Antoine? Ah merde! L'exposé, bien sûr. Il me regarde rapidement et me tend la main pour que je la lui serre. Je m'exécute et lui souris. Je le fais entrer. Il regarde l'intérieur de ma maison avec persistance. Ben quoi? Il a jamais vu de maison qui valent moins de trois millions? Il est décoiffé et sens mauvais. Alors il se tourne vers moi :

- Dis Karl, avant qu'on se mette à bûcher, est-ce que je pourrais utiliser ta douche? Hein? Mais pourquoi il s'est pas douché au vestiaire après son cours de sport...
- Si tu veux. Pose tes affaires là, je vais te faire visiter.

Il pose sa bandoulière sur le coussin de fauteuil au lieu de le poser sur le sol, comme je le lui avais indiqué. Je lui montre rapidement la cuisine, les toilettes puis ma chambre. Il regarde la déco en essayant de ne pas me montrer qu'il trouve ça horrible, mais il ne cache pas très bien sa moue dégoutée... C'est décidément pas simple d'essayer d'aider un gars comme lui... Mais en même temps, on est les deux gars les plus détestés du lycée... Alors, je peux pas le laisser s'en prendre plein les dents... Même si, entre nous, il le mérite... Puis finalement, je le mène à la salle de bain. Je ramasse les fringues sales en boule sur le sol. Je lui montre où est le savon puis je lui prête même une serviette. Mais il en a déjà une dans un de ses sacs. Il fait l'aller retour jusqu'à son sac et en sort des vêtements propres et sa serviette. Il me remercie, alors je ferme la porte derrière lui et vais dans la salle à manger. J'ouvre mon sac à dos et commence à sortir mes affaires. Je jette un coup d'œil rapide sur le sac de Marc-Antoine. Il l'a laissé ouvert... J'entends l'eau de la douche qui coule. Bon, juste un coup d'œil. Ca m'aidera sûrement à mieux cerner le bonhomme. Je prends sa bandoulière puis je fouille. Des livres de cour, presque deux fois plus que ce que moi j'ai. Des mouchoirs en pagaille, du gel hydro alcoolique - quel maniaque -, des revues automobiles... A part ça, rien d'intéressent. Peut être qu'il est vraiment aussi vide que ce que Vincent le pense. Mais j'ai du mal à croire qu'on puisse être comme lui sans raison. Et là, je trouve enfin ce que je cherchais. C'est une photo de famille on dirait. Ils sont tous en costumes magnifiques. Il y a un homme, sûrement le père de Marc-Antoine, qui tient sous son bras un jeune homme. Puis à côté, en arrière plan par rapport à eux, on peut voir Marc-Antoine, une femme et une jeune fille. Mon dieu, Marc-Antoine avait les cheveux blonds! Les autres, se sont sûrement sa mère et sa sœur. Et en premier plan son grand frère. Je vois... On dirait que le père de Marc-Antoine à son chouchou, et que ce n'est pas lui. Malgré le sourire de mon camarade d'exposé sur la photo, on peut facilement en deviner le malaise rien qu'en regardant. Alors je regarde le frère de Marc-Antoine. Il lui ressemble plutôt. Il est grand aussi, mince, mais porte des lunettes et a un sourire sincère, contrairement à lui... Je repose la photo.

Moi, je ne sais pas trop ce que c'est d'avoir un frère ou une sœur. Alors je suppose que je ne peux pas comprendre ce qu'il ressent. Mais s'il vit depuis toujours dans l'ombre de son aîné, c'est peut être pour ça qu'il essaye de toujours se faire remarquer.

Marc-Antoine revient enfin. Il s'assoit de l'autre côté de la table et sors ses affaires sans dire un mot, puis soudain, comme si il ne l'avait pas maîtrisé, une phrase sort toute seule :

- C'est cool de ta part de t'être mis avec moi pour l'exposé.
- C'est parce que le prof me l'a demandé. J'aurai bien préférer le faire avec Sylvia ou Vincent, mais bon...
- Pffffff. Il secoue ses cheveux nerveusement. Vincent...
- Je comprends pas pourquoi tu le déteste, il est vraiment génial comme mec.
- On devrait peut être s'y mettre maintenant. Parce que je suis venu pour ça, pas pour parler de ce connard.

Je le regarde avec méchanceté, mais il ne le remarque même pas, trop concentré à feuilleter son livre de cours. Je ne sais même pas sur quoi touche l'exposé. Remarquant que je ne sais pas trop par où commencer, il prend mon livre et l'ouvre à la même page que lui. Puis, il sort des feuilles, et tout en regardant le livre, il commence à griffonner. Il prend des notes, bien sûr, mais moi, je reste là à le regarder, un peu béat. Il le remarque et se tourne vers moi:

- Quoi?

Je fais non de la tête, il souffle légèrement et repenche sa tête sur sa copie... Décidément, quel type glacial... Finalement, je comprends un peu l'exposé. On doit réaliser un schéma explicatif sur la compo moléculaire d'un réseau cellulaire instable. Marc-Antoine prends bien le temps de m'expliquer ce qu'il a compris de plus que moi. C'est à dire... Un peu tout. Mais là, dans ses paroles, aucune arrogance. Aucun mépris par rapport à mon ignorance. Il m'explique, sereinement en se grattant sa chevelure de temps à autre avec la gomme de l'autre côté de son crayon. Puis, je répète ce qu'il dit et prends des notes. Alors, il note d'autres choses.

En fait, je pense que Marc-Antoine et Vincent n'ont rien en commun. Je viens de le deviner à la façon de voir mon camarade d'exposé travailler. Il fronce des sourcils, tourne les pages pour trouver des infos, se gratte la tête, note, gomme, re-note... Marc-Antoine n'est pas un gars très intelligent. Il est loin d'être idiot, c'est sûr, mais je pense que c'est juste quelqu'un qui travaille énormément pour réussir ce qu'il entreprends. Ce qui n'as rien à voir avec Vincent, qui n'as pas besoin de travailler pour rafler les meilleures notes. Alors, à ce niveau là, je suppose que Marc-Antoine a beaucoup plus de mérite que lui. Je regarde Marc-Antoine en souriant, puis je lui propose à boire. Il me demande alors un verre d'eau. Puis, sans même décoller la tête de son livre, il engloutit à petites gorgées. Rien ne peut le déconcentrer ou quoi.

Finalement, en à peine deux heures, on a bouclé la chose. Alors je lui propose de le recopier au propre moi-même, étant donné que j'ai moins apporté d'info que lui. Il hésite. Je sais qu'il préférerait le faire lui-même mais on dirait qu'il a bien envie de me laisser une chance. Alors il me sourit et me tends ses feuilles. Puis, il fait demi-tour et je le raccompagne vers la porte. Il me fait un signe de la main, pour lui, c'est sûrement déjà un effort surhumain. Puis, avant qu'il ne passe le palier, je l'interpelle:

- Désolé d'avoir fait baisser ta note en math...
- Je me rattraperai. Allez salut. Il part, alors je parle plus fort pour qu'il m'entende.
- Bonne soirée!

Il tourne la tête vers moi et me souris, puis il disparaît au tournant de la route. Tiens, j'aurai pensé que quelqu'un serait venu le chercher...


* * *


Déjà 13h30, Olivier et Loïc partent rapidement après manger, j’ai cru comprendre qu’ils faisaient une virée dans l’aprèm. Célia part directement dans « les locaux » du journal du lycée. Tandis que Mamagoudou, Thomas, Alphonse et moi on part à l’entraînement de foot. Toute l’équipe est là on commence à se changer. On est douze en tout. Ça nous fait qu’un seul remplaçant mais on n’a pas trouvé d’autre volontaires assez doué pour faire partie de l’équipe. On est cinq de la même classe avec Marc-Antoine. Il y a Paul et Quentin qui sont en BTS informatique. Ces deux-là sont toujours fourrés ensemble, et selon moi, manquent un peu d’esprit d’équipe. On a Lucas, un super défenseur et aussi un super déconneur en Première STG. Puis Martin et Conan deux frères jumeaux qui sont en seconde. Et enfin Sylvain et Rachid notre goal qui sont en CAPEPS.

L’entraîneur entre dans les vestiaires et nous ordonne de nous dépêcher. Il est super stressé car les matchs de semi-régional commencent dans un mois. Si notre équipe fonctionne bien on pourrait passer en régional ! Il ne nous laisse pas le temps de souffler. On s’échauffe comme jamais. Puis on travaille sur nos réflexes avec plein d’exercices particulièrement chiants. On fait simplement un match de vingt minutes. Mais on est tous assez épuisés. Je cours le ballon au pied mais je fais un tir de merde et Rachid l’arrête sans se forcer. Alors ce con de Marc-Antoine me donne une grande tape dans le dos en me disant « Et ben Vince, c’était vraiment minable » ! Putain moi qui pensais que ma douleur dans le dos était passée voilà que ça repart de plus belle. Et là, mauvais réflexe surtout devant l’équipe. Je lui choppe le bras et le lui retourne dans le dos. Scié par la douleur Marc-Antoine finit à genou devant moi.

Moi : Un conseil, ne me touche plus !
Alphonse : Vincent ! Arrêtes ça ! Je le lâche
Marc-Antoine : Sale connard !
L’entraineur : C’est quoi ce bordel ! Ça c’est un bel exemple d’esprit d’équipe surtout venant de toi Vincent ! Le fait que tu sois capitaine de l’équipe peut tout à fait être éphémère ! Et je t’assure que ce n’est pas du tout le comportement que tu dois avoir !
Alphonse : Ne soyez pas trop dur, Vincent n’a pas une vie facile.
L’entraineur : C’est bien de défendre ton camarade, mais on a tous des emmerdes ! Notre vie privée ne doit pas toucher l’équipe. Au contraire il faut se servir de cette rage sur le terrain mais pas contre les membres de son équipe.
Marc-Antoine : De toute façon il n’a rien à faire dans une équipe car plus individuel et égoïste que ce type je ne connais pas
L’entraineur : Ne la ramène pas trop toi ! On obtient jamais une omelette sans casser des œufs ! Bon je veux plus vous voir ! Allé du vent et la prochaine fois je vous veux en forme ! Aujourd’hui on aurait dit des fillettes en train de se disputer une poupée Barbie.

Dans les vestiaires il n’y a pas beaucoup de douches en service alors on est obligé d’attendre que les premiers ait terminé. En m’asseyant pour attendre mon tour, ma douleur dans le dos revient à vitesse grand V. Un cri de douleur m’échappe Martin et Mamagoudou me demandent en même temps si ça va. Je leur explique juste que je suis mal tombée hier et que la tape « amicale » de l’autre con n’a pas arrangé les choses. Mamagoudou saute sur l’occasion pour se foutre de la gueule de Marc-Antoine en le traitant de raciste. Monsieur le fils du préfet tape sa crise et se barre sans même prendre une douche. Ouf ! Tranquille jusqu’à demain ! Dès que Quentin sort de la douche, je prends sa place puis rentre chez moi.


* * *


Marc rentre dans deux heures il a encore des cours. Tant mieux j’en profite pour rester un peu avec maman. Elle est assise au bout de la table et regarde fixement le mur. Elle ne s’aperçoit même pas que je suis là. Je l’embrasse sur le front. Elle ne bouge pas. J’examine sa main, sa blessure semble bien cicatriser. Je préfère quand même la désinfecter une nouvelle fois. Je lui propose d’aller se balader dans le parc d’à côté. Pas de réponse. Alors je la prends par la main et l’oblige à me suivre. Après c’est le monologue. Je parle. Elle marche. Dans le silence. On s’assoit sur le banc près de l’étang. On venait souvent ici quand on était petits. Je dévisage ma mère. En une année qu’est-ce qu’elle a pu changer ! Elle a bien dû perdre vingt kilos. Ses joues se sont creusées, son front aussi. Ses cheveux noirs secs emmêlés et abîmés sont devenus trop longs. Ses yeux gris clairs sont toujours boursouflés et rouge à force de pleurer. Ses avant-bras sont pleins de cicatrices de scarification. Ses mains sont toutes sèches et ses ongles coupés très courts pour ne pas qu’elle puisse se griffer. Elle fait presque pitié… Alors qu’avant qu’est-ce qu’elle était belle !Tout le monde m’enviait d’avoir une mère telle que la mienne. Bientôt tout ça redeviendra comme avant. Je travaille pour ça, et j’obtiens toujours ce que je veux.


On rentre de notre superbe balade quelques minutes avant l’arrivée de Marc. Le temps pour moi de prendre quelque chose à becter dans le frigo, et d’aller me planquer dans ma chambre.


* * * 


J'entends papou rentrer, alors je sors de ma chambre pour lui dire bonsoir. Il a l'air fatigué, alors je n'insiste pas trop et remonte dans ma chambre. Puis là, je pense... A Vincent, a ce secret dont il ne peut pas me parler... A Jenny, a son sentiment qui la ronge, A Marc-Antoine, a cette haine que tout le monde lui voue... Pour le coup, je ne me sens plus trop à plaindre, si on oublie Franck et Simon... Evidemment... Je n'ai plus mal. Enfin, si, un petit peu, mais je préfère ce genre de douleur, à celle que ses trois là sont en train de douiller. Je voudrai aider Vincent, mais je ne sais pas ce qui fait que son père le déteste tant. Et ce serait malvenu de m'en mêler. Mais contrairement à Jenny et Marc-Antoine, lui, je sais qu'il m'apprécie vraiment et qu'il fera tout pour qu'on réalise de grandes choses ensemble ...


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